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Si nous sommes nombreux à regarder d’un mauvais œil les orties envahir nos jardins, des Mellois entretiennent avec elles des rapports bien plus sereins.

Melle et les orties, c’est une vieille histoire d’amour qui a pris de l’ampleur le jour où, en 2007, le jardinier rebelle Gilles Clément a décidé d’en faire un élément de résistance. Ils ont été nombreux à s’opposer à la décision gouvernementale d’en interdire la fabrication et la distribution.

Un fortifiant

« Nous avions dans ce parc une grande prairie d’orties, se souvient Jean-Pierre Denis,responsable des espaces verts de la Ville. En 2007, en pleine guerre de l’ortie, Gilles Clément a voulu transformer cette partie du parc en jardin d’eau et d’orties ». Gilles Clément a dessiné le jardin avec ses allées et ses passerelles ainsi que le filtre à purin.
C’est le Chef-Boutonnais Max Quiard qui a réalisé les rambardes métalliques et le filtre. Emboîtant le pas à Gilles Clément, la Ville prenait la décision de fabriquer et de distribuer gratuitement un purin d’ortie 100 % mellois. « Le purin d’ortie est un fortifiant, c’est ni un désherbant ni un engrais. Les plantes potagères viennent fréquemment de l’étranger, comme la tomate sud américaine, elles ne sont pas toujours totalement adaptées à nos sols. Le purin d’ortie leur apporte des éléments qui leur manquent. Ça les rend plus fortes et donc plus résistantes aux maladies. »

La feuille d'ortie bio aux milles vertus

La feuille d’ortie bio aux milles vertus

Il s’utilise donc une fois que la plante a débuté sa croissance, il est également bon pour le sol en apportant des nutriments à toute la faune et la flore microscopiques du sol, il le rend plus fertile.
Malgré son aspect urticant, l’ortie est une sorte de produit miracle. C’est gratuit et ça donne une bien meilleure santé à toutes les plantes du jardin. « La recette est simple, on prend un kilo d’orties pour 10 litres d’eau. Il faut ensuite remuer ce mélange chaque jour. C’est une fermentation, des bactéries digèrent l’ortie. A la surface se forme une sorte de mousse blanche, signe que les bactéries sont au travail. »
Quand cette mousse n’apparaît plus, il faut filtrer le mélange pour le débarrasser des matières les plus solides. Reste alors le purin d’ortie. Les matières entraîneraient une putréfaction et les odeurs qui vont avec. Stocké dans des bidons, en évitant de les laisser en plein soleil, le purin peut-être conservé pendant deux ans.
La municipalité a édité une plaquette indiquant la recette. « Je vois que depuis 2007, de nombreux Mellois se sont mis à fabriquer leur propre purin. Ils venaient au départ récupérer le nôtre mais nous limitons les quantités ». Bien souvent des personnes qui ne connaissaient pas l’existence du purin avant sa mise en lumière par Gilles Clément. La Ville en fabrique chaque année 300 à 400 litres, à la fin du mois de mai.


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